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UNDT/2023/066

UNAT Held or UNDT Pronouncements

L'Administration a ¨¦tabli qu'il existe des preuves claires et convaincantes que le requ¨¦rant s'est livr¨¦ ¨¤ un conflit d'int¨¦r¨ºts dans les proc¨¦dures de passation de march¨¦s et qu'il a fait un usage abusif des biens du PNUD.

En vertu des r¨¨gles et r¨¨glements applicables, le requ¨¦rant avait clairement l'obligation de divulguer de mani¨¨re compl¨¨te et pr¨¦cise ses liens personnels avec Prime Options et St. Paul's, qui constituaient des motifs de conflit d'int¨¦r¨ºts, et de se r¨¦cuser de toute participation aux proc¨¦dures de passation de march¨¦s impliquant ces deux vendeurs. Cependant, le requ¨¦rant n'a pas divulgu¨¦ les conflits d'int¨¦r¨ºts r¨¦els ou potentiels et n'a pris aucune mesure pour se r¨¦cuser. Au contraire, il a ¨¦t¨¦ activement impliqu¨¦ dans de multiples proc¨¦dures de passation de march¨¦s du PNUD Sierra Leone impliquant les fournisseurs en question et ce, pendant une longue p¨¦riode. Ce faisant, le requ¨¦rant a viol¨¦ l'article 1.2(m) du Statut du personnel, la r¨¨gle 1.2(q) du Statut du personnel, le para. 7 de la d¨¦ontologie des achats du PNUD de 2016, de la fraude et des pratiques de corruption, et le paragraphe 23 des Normes de conduite de la fonction publique internationale. En outre, en utilisant abusivement son ordinateur du PNUD, le requ¨¦rant a clairement enfreint l'article 1.2(q) du Statut du personnel et le paragraphe 25 des Normes de conduite de la fonction publique internationale. En tant que tel, ses actions ¨¤ cet ¨¦gard constituent une faute.

Pour d¨¦terminer la sanction appropri¨¦e, l'Administration a d?ment pris en compte la nature et la gravit¨¦ de la faute commise par le requ¨¦rant ainsi que tous les facteurs aggravants et att¨¦nuants. Il n'existe aucune base juridique permettant d'exiger de l'Organisation qu'elle consid¨¨re le retard de l'enqu¨ºte et de la proc¨¦dure disciplinaire comme une circonstance att¨¦nuante dans la d¨¦termination du niveau appropri¨¦ de la sanction. Les arguments du requ¨¦rant selon lesquels l'Administration a d¨¦form¨¦ les montants des contrats qui lui sont imputables et a injustement imput¨¦ une certaine gravit¨¦ ¨¤ ses actions sont d¨¦nu¨¦s de fondement.

Le temps n¨¦cessaire pour conclure l'enqu¨ºte et la proc¨¦dure disciplinaire en l'esp¨¨ce, malgr¨¦ la complexit¨¦ de l'affaire et l'impact de la pand¨¦mie de grippe aviaire, constitue un retard injustifi¨¦. Il ne fait aucun doute qu'un retard indu et injustifiable dans l'enqu¨ºte et la proc¨¦dure disciplinaire constitue une violation des droits de la d¨¦fense du requ¨¦rant.

Toutefois, toute violation des droits d'un requ¨¦rant ne rend pas la sanction disciplinaire ill¨¦gale. Le requ¨¦rant n'a pas d¨¦montr¨¦ comment le retard indu a eu un impact n¨¦gatif sur l'issue de l'enqu¨ºte et de la proc¨¦dure disciplinaire. En outre, l'irr¨¦gularit¨¦ proc¨¦durale susmentionn¨¦e est sans cons¨¦quence compte tenu du type et de la quantit¨¦ de preuves attestant de la mauvaise conduite du requ¨¦rant. Par cons¨¦quent, le retard indu dans ce cas ne rend pas la d¨¦cision contest¨¦e invalide ou ill¨¦gale parce que la faute qui a ¨¦t¨¦ factuellement ¨¦tablie est suffisamment grave en soi pour justifier la sanction disciplinaire en question.

Ayant confirm¨¦ la mesure disciplinaire, le Tribunal rejette la demande d'annulation du requ¨¦rant. Compte tenu de l'ensemble des circonstances pr¨¦sent¨¦es dans cette affaire, le Tribunal ne consid¨¨re pas que le retard excessif ait caus¨¦ un pr¨¦judice financier au requ¨¦rant. Au contraire, comme ce fut le cas dans l'affaire Nasrallah, le retard excessif a jou¨¦ en faveur du requ¨¦rant, lui permettant de b¨¦n¨¦ficier de plusieurs ann¨¦es de service suppl¨¦mentaire, avec un salaire complet, et retardant son licenciement (voir, par exemple, Nasrallah 2013- UNAT-310, paragraphe 27). Aussi regrettable que puisse ¨ºtre le retard en cause pour le requ¨¦rant, en l'absence d'un lien de causalit¨¦ entre celui-ci et les dommages all¨¦gu¨¦s, le retard indu n'a pas pour effet de lui donner droit ¨¤ une quelconque indemnisation pour pr¨¦judice moral. En cons¨¦quence, le Tribunal rejette la demande du requ¨¦rant tendant ¨¤ l'octroi d'une indemnit¨¦ pour pr¨¦judice caus¨¦ par un retard injustifi¨¦.

Decision Contested or Judgment/Order Appealed

Par requ¨ºte d¨¦pos¨¦e le 8 avril 2022, le requ¨¦rant conteste la d¨¦cision de lui infliger la mesure disciplinaire de cessation de service, avec indemnit¨¦ de pr¨¦avis et sans indemnit¨¦ de licenciement, pour conflit d'int¨¦r¨ºts dans des proc¨¦dures de passation de march¨¦s et utilisation abusive de biens du PNUD.

Legal Principle(s)

Pour d¨¦terminer si la norme de preuve a ¨¦t¨¦ respect¨¦e, le Tribunal "n'est pas autoris¨¦ ¨¤ enqu¨ºter sur des faits sur lesquels la sanction disciplinaire n'a pas ¨¦t¨¦ fond¨¦e et ne peut pas substituer son propre jugement ¨¤ celui du Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral". Ainsi, il "examinera uniquement s'il existe des preuves suffisantes pour les faits sur lesquels la sanction disciplinaire ¨¦tait fond¨¦e" (voir Nadasan 2019-UNAT- 918, para. 40).

"La question du degr¨¦ de la sanction est g¨¦n¨¦ralement r¨¦serv¨¦e ¨¤ l'administration, qui dispose d'un pouvoir discr¨¦tionnaire pour imposer la mesure qu'elle estime adapt¨¦e aux circonstances de l'affaire et aux actions et ¨¤ la conduite de l'agent concern¨¦. ? ce titre, il " n'interviendra et n'annulera ou ne modifiera une sanction impos¨¦e par l'Administration que lorsque la sanction impos¨¦e est manifestement ill¨¦gale, arbitraire, adopt¨¦e au-del¨¤ des limites ¨¦nonc¨¦es par les normes respectives, excessive, abusive, discriminatoire ou absurde dans sa s¨¦v¨¦rit¨¦ " (voir, par exemple, Iram 2023-UNAT-1340, par. 86 ; Appelant 2022-UNAT-1216, par. 45).

En outre, " il convient de faire preuve de retenue ¨¤ l'¨¦gard de la d¨¦cision du Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral concernant la sanction, car l'article 101.3 de la Charte des Nations Unies exige du Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral qu'il soumette les fonctionnaires aux normes d'int¨¦grit¨¦ les plus ¨¦lev¨¦es et il est responsable devant les ?tats membres des Nations Unies ¨¤ cet ¨¦gard " (voir, par exemple, Beda 2022-UNAT-1260, par. 57).

Une d¨¦cision sur la sanction appropri¨¦e en cas de faute " implique un jugement de valeur et la prise en compte d'une s¨¦rie de facteurs ". "Les facteurs pertinents d¨¦pendent n¨¦cessairement des circonstances et de la nature de la faute (voir Kennedy 2021-UNAT-1184, par. 69). Le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral "a le pouvoir discr¨¦tionnaire de peser les circonstances aggravantes et att¨¦nuantes lorsqu'il d¨¦cide de la sanction appropri¨¦e ¨¤ imposer" (voir, par exemple, Nyawa 2020- UNAT-1024, para. 89 ; Ladu 2019- UNAT-956, para. 40).

" Les d¨¦cisions en mati¨¨re disciplinaire, notamment en ce qui concerne les all¨¦gations de faute grave, doivent ¨ºtre prises dans un d¨¦lai raisonnable " (voir Mokbel UNDT/2012/061, par. 31). "Il incombe ¨¤ l'Organisation de traiter les affaires disciplinaires en temps voulu afin d'¨¦viter toute violation du droit du fonctionnaire ¨¤ une proc¨¦dure r¨¦guli¨¨re" (voir Austin UNDT/2013/080, par. 40).

Seules des irr¨¦gularit¨¦s proc¨¦durales substantielles au cours de l'enqu¨ºte et de la proc¨¦dure disciplinaire peuvent rendre une sanction disciplinaire ill¨¦gale (voir, par exemple, Abu Osba 2020 UNAT-1061, para. 66 ; Muindi 2017-UNAT-782). Il incombe au requ¨¦rant d'apporter la preuve de l'absence de proc¨¦dure r¨¦guli¨¨re et de la mani¨¨re dont elle a eu un impact n¨¦gatif sur l'issue de l'enqu¨ºte et/ou de la proc¨¦dure disciplinaire (voir Pappachan UNDT/2019/118 Corr.1, para. 78).

L'art. 10.5(b) de son Statut exige que le pr¨¦judice soit ¨¦tay¨¦ par des preuves. Plus pr¨¦cis¨¦ment, le Tribunal d'appel a toujours consid¨¦r¨¦ qu'" il ne suffit pas de d¨¦montrer une ill¨¦galit¨¦ pour obtenir une indemnisation : il incombe au requ¨¦rant d'¨¦tablir l'existence de cons¨¦quences n¨¦gatives, pouvant ¨ºtre consid¨¦r¨¦es comme des dommages, r¨¦sultant de l'ill¨¦galit¨¦ sur un lien de cause ¨¤ effet " et exige que " le pr¨¦judice soit directement caus¨¦ par la d¨¦cision administrative en question " (voir Ashour 2019-UNAT-899, para. 31 ; voir ¨¦galement Kebede 2018- UNAT-874, para. 20).

Pour qu'un retard soit indemnis¨¦, " les droits de l'agent ¨¤ une proc¨¦dure r¨¦guli¨¨re doivent avoir ¨¦t¨¦ viol¨¦s par le retard et l'agent doit avoir subi un pr¨¦judice du fait de la violation de ses droits ¨¤ une proc¨¦dure r¨¦guli¨¨re " (voir Jarbou 2013-UNAT-292, para. 46). En tant que tel, un fonctionnaire n'a droit ¨¤ une indemnisation pour un retard injustifi¨¦ que s'il a subi un pr¨¦judice du fait de ce retard (voir, par exemple, Gnassou 2018-UNAT-865, para. 24).

Outcome

Rejet¨¦ sur le fond

Le Bureau de l'Administration de la Justice (BAJ) a pr¨¦par¨¦ ce r¨¦sum¨¦ de la jurisprudence a titre informatif seulement. Il ne s'agit pas d'un document officiel et il ne faut pas s'y fier comme une interpr¨¦tation faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions des Tribunaux. Pour les textes faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions, veuillez-vous r¨¦f¨¦rer au jugement ou ¨¤ l'ordonnance rendue par le Tribunal respectif. Les Tribunaux sont les seuls organes comp¨¦tents pour interpr¨¦ter leurs jugements respectifs, conform¨¦ment ¨¤ l'article 12(3) du Statut du Tribunal du Contentieux Administratif des Nations Unies (TCANU) et ¨¤ l'article 11(3) du Statut du Tribunal d'Appel des Nations Unies (TANU). Toute inexactitude dans cette publication rel¨¨ve seulement la responsabilit¨¦ du BAJ, qui doit ¨ºtre contact¨¦ directement pour toute demande de correction. Pour faire part de vos commentaires, n¡¯h¨¦sitez pas ¨¤ communiquer avec BAJ ¨¤ oaj@un.org

Les r¨¦sum¨¦s des jugements ¨¦taient g¨¦n¨¦ralement pr¨¦par¨¦s en anglais. Ils ont ¨¦t¨¦ traduits en Fran?ais et sont en cours d'examen pour en v¨¦rifier l'exactitude.