51ÁÔÆæ

UNDT/2024/068

UNAT Held or UNDT Pronouncements

Il ressort syst¨¦matiquement des r¨¦ponses d¡¯AA, ou de l¡¯absence de r¨¦ponses, aux nombreux textes du demandeur sur le ? pari ? propos¨¦ qu¡¯il trouvait ces messages importuns. Par exemple, AA a ¨¦crit au demandeur : ? Toujours sur ce sujet, mec ? ? ; ? J¡¯accorde plus de valeur ¨¤ ma dignit¨¦ que 2 000 $ ? ; ? Je ne parie pas ? ; "Je pensais que c¡¯¨¦tait un pari vraiment stupide haha que je ne me forcerais jamais ¨¤ me payer, mais vous n¡¯avez cess¨¦ d¡¯en parler 1298548065908 fois. C¡¯est pourquoi je dis que si vous continuez sur ce sujet ¨¦motionnel, je vous enverrai mon compte FCNU et c¡¯est tout" ; ? Le pari. Maintenant, mec, arr¨ºtez le sujet. C¡¯est fini". Malgr¨¦ cela, le demandeur n¡¯a cess¨¦ de revenir sur le sujet, ce qui a abouti ¨¤ l¡¯envoi de la photo pertinente ¨¤ AA.

? titre de circonstance aggravante, le Tribunal conclut que les messages WhatsApp du demandeur, en particulier la photo, ont nui au travail et cr¨¦¨¦ un environnement de travail intimidant, hostile et offensant.

Alors qu¡¯aucun organe g¨¦nital n¡¯¨¦tait montr¨¦ sur la photo de la pr¨¦sente affaire, elle ¨¦tait, contrairement ¨¤ Szvetko, effectivement choquante, lubrique et pornographique. Pire encore, la photo en l¡¯esp¨¨ce montrait le demandeur en train de se livrer ¨¤ un acte sexuel explicite avec un autre homme et non pas seulement une photo montrant ? un homme nu flou en arri¨¨re-plan avec une grande montre dor¨¦e bien en vue au premier plan ?, apparemment tir¨¦e d¡¯une publicit¨¦ pour une montre (voir Szvetko, par. 6). Plut?t que de montrer une personne inconnue, la photo a ¨¦t¨¦ rendue personnelle pour AA, car dans les messages WhatsApp qui ont pr¨¦c¨¦d¨¦ l¡¯envoi de la photo par le demandeur, il a propos¨¦ ¨¤ AA, son ami par ailleurs proche, mais d¡¯une orientation sexuelle diff¨¦rente, de se livrer au m¨ºme acte sexuel. Pour ajouter ¨¤ la r¨¦pugnance, le demandeur a m¨ºme offert de l¡¯argent ¨¤ AA pour ce faire.

Decision Contested or Judgment/Order Appealed

La d¨¦cision d'imposer au requ¨¦rant la mesure disciplinaire de cessation de service avec une indemnit¨¦ tenant lieu de pr¨¦avis et la moiti¨¦ de l'indemnit¨¦ de licenciement conform¨¦ment ¨¤ la disposition 10.2(a)(viii) du R¨¨glement du personnel et d'inscrire son nom dans le syst¨¨me ClearCheck [des Nations Unies].

Legal Principle(s)

Dans la d¨¦finition juridique du harc¨¨lement de la politique du HCR, l'impact sur le travail ou l'environnement de travail est consid¨¦r¨¦ comme une circonstance aggravante plut?t que comme une condition n¨¦cessaire ¨¤ la constatation d'un harc¨¨lement sexuel. Cela ressort clairement de la r¨¦f¨¦rence : ? est particuli¨¨rement grave ?.

Le Tribunal d'appel a approuv¨¦ ¨¤ plusieurs reprises la politique de tol¨¦rance z¨¦ro de l'Administration en mati¨¨re de harc¨¨lement sexuel, qu'il a d¨¦clar¨¦ ¨ºtre ? un fl¨¦au sur le lieu de travail qui sape le moral et le bien-¨ºtre des membres du personnel qui en sont victimes ? (voir, Mbaigolmem 2018-UNAT-819, para. 44, Requ¨¦rant 2022-UNAT-1187, para. 47, et aussi, par exemple, Conteh 2021-UNAT-1171).

Il est bien ¨¦tabli dans la jurisprudence du Tribunal d'appel que l'administration dispose ? d'un large pouvoir discr¨¦tionnaire en mati¨¨re disciplinaire ; un pouvoir discr¨¦tionnaire avec lequel [le Tribunal d'appel] n'interviendra pas ¨¤ la l¨¦g¨¨re ? lorsqu'elle impose une sanction dans le cadre de son contr?le juridictionnel (voir, Ladu 2019-UNAT-956, para. 40 et aussi, par exemple, Osba 2020-UNAT-1061, para. 56, et Halidou 2020-UNAT-10, para. 34). Dans le m¨ºme temps, le ? pouvoir discr¨¦tionnaire de l'administration n'est pas illimit¨¦ ? (voir Mancinelli 2023-UNAT-1339, paragraphe 60). Le Tribunal d'appel a en outre d¨¦clar¨¦ que ? le principe de proportionnalit¨¦ signifie qu'une action administrative ne doit pas ¨ºtre plus excessive qu'il n'est n¨¦cessaire pour obtenir le r¨¦sultat souhait¨¦ ?. L'exigence de proportionnalit¨¦ est ? satisfaite si une ligne de conduite est raisonnable, mais pas si elle est excessive ?, ce qui ? implique d'examiner si l'objectif de l'action administrative est suffisamment important, si l'action est rationnellement li¨¦e ¨¤ l'objectif et si l'action va au-del¨¤ de ce qui est n¨¦cessaire pour atteindre l'objectif ? (voir Sanwidi 2010-UNAT-084, par. 39).

Dans les cas de harc¨¨lement sexuel, malgr¨¦ la politique de tol¨¦rance z¨¦ro, le Tribunal d¡¯appel a reconnu qu'? il existe des degr¨¦s de gravit¨¦ dans les fautes de harc¨¨lement sexuel ?. La tol¨¦rance z¨¦ro ? se r¨¦f¨¨re simplement ¨¤ l¡¯attitude de l¡¯Organisation ¨¤ r¨¦agir rapidement et s¨¦rieusement face au harc¨¨lement ?. Le principe de proportionnalit¨¦ ? oblige donc l¡¯administration ¨¤ examiner pleinement et correctement les moyens les moins drastiques et les plus appropri¨¦s pour atteindre les objectifs de la politique disciplinaire ?. Les exigences de la politique de tol¨¦rance z¨¦ro peuvent tr¨¨s bien ¨ºtre satisfaites de mani¨¨re ad¨¦quate dans un cas particulier impliquant une infraction moindre (une remarque inappropri¨¦e en passant, par exemple) par l¡¯imposition d¡¯une autre sanction telle qu¡¯une r¨¦trogradation, une suspension, une amende, etc. Par cons¨¦quent, la ? peine ultime ... ne s¡¯applique pas dans tous les cas". (Voir Szvetko 2023-UNAT-1311, paragr. 48.) Dans l¡¯affaire Szvetko, le Tribunal d¡¯appel a ¨¦galement conclu que ? [l]e fait de donner ¨¤ un coll¨¨gue l¡¯image d¡¯un p¨¦nis peut offenser ou humilier, et que la question de savoir si la traduction est dans un ton humain.

Outcome

Rejet¨¦ sur le fond

Outcome Extra Text

Le Tribunal d'appel a toujours consid¨¦r¨¦ que ? le Tribunal du contentieux administratif a le pouvoir inh¨¦rent d'individualiser et de d¨¦finir la d¨¦cision administrative contest¨¦e par une partie et d'identifier le(s) objet(s) du contr?le juridictionnel ?. Lorsqu'il d¨¦finit les questions d'une affaire, le Tribunal d'appel a ¨¦galement d¨¦clar¨¦ que ? le Tribunal du contentieux administratif peut examiner la requ¨ºte dans son ensemble ?. Voir Fasanella 2017-UNAT-765, par. 20, confirm¨¦ dans Cardwell 2018-UNAT-876, par. 23.

En vertu de l'art. 9.4 du Statut du Tribunal du contentieux administratif, dans le cadre du contr?le juridictionnel d'une affaire disciplinaire, le Tribunal du contentieux administratif est tenu d'examiner (a) si les faits sur lesquels la mesure disciplinaire est fond¨¦e ont ¨¦t¨¦ ¨¦tablis ; (b) si les faits ¨¦tablis constituent une faute ; (c) si la sanction est proportionn¨¦e ¨¤ l'infraction ; et (d) si les droits de l'agent ¨¤ une proc¨¦dure r¨¦guli¨¨re ont ¨¦t¨¦ respect¨¦s. Lorsque le licenciement est une issue possible, la faute doit ¨ºtre ¨¦tablie par des preuves claires et convaincantes, ce qui signifie que la v¨¦racit¨¦ des faits affirm¨¦s est hautement probable (voir, par exemple, le Tribunal d'appel au para. 51 de l'affaire Karkara 2021-UNAT-1172). Le Tribunal d'appel a en outre expliqu¨¦ que la preuve claire et convaincante ? exige plus qu'une pr¨¦pond¨¦rance de la preuve mais moins qu'une preuve au-del¨¤ de tout doute raisonnable - elle signifie que la v¨¦rit¨¦ des faits affirm¨¦s est hautement probable ? (voir par. 30 de l'affaire Molari 2011-UNAT-164). ? cet ¨¦gard, ? il incombe ¨¤ l'administration d'¨¦tablir que la faute all¨¦gu¨¦e pour laquelle une mesure disciplinaire a ¨¦t¨¦ prise ¨¤ l'encontre d'un agent a ¨¦t¨¦ commise ? (voir le paragraphe 32 de l'affaire Turquie 2019-UNAT-955).

Dans l'affaire AAT 2024-UNAT-1412, para. 99, le Tribunal d'appel a formul¨¦ un certain nombre de conclusions dans une autre affaire de harc¨¨lement sexuel du HCR, qui ¨¦taient pertinentes pour la pr¨¦sente affaire. Le Tribunal doit suivre ces conclusions en vertu de la doctrine du stare decisis (voir, par exemple, le Tribunal d'appel dans l'affaire Igbinedion 2014-UNAT-410, paragraphes 23 et 24). D'une mani¨¨re g¨¦n¨¦rale, en ce qui concerne la ? constatation d'un harc¨¨lement sexuel ? en vertu de la politique du CDH, le Tribunal d'appel a d¨¦clar¨¦ dans l'affaire AAT que quatre ? ¨¦l¨¦ments ? devaient ¨ºtre pr¨¦sents (voir, par. 99), ¨¤ savoir : ? [L]a conduite en question s'est produite ? ; ¡°[La conduite] rel¨¨ve de l'interpr¨¦tation juridique du harc¨¨lement sexuel et est de nature sexuelle¡± ; ¡°[La conduite] ¨¦tait importune et raisonnablement attendue ou per?ue comme une offense ou une humiliation¡± ; ¡°[La conduite] a interf¨¦r¨¦ avec le travail ou cr¨¦¨¦ un environnement de travail intimidant, hostile ou offensant¡±.

Dans l'affaire AAT, para. 102, le Tribunal d'appel a soulign¨¦ (en r¨¦f¨¦rence ¨¤ l'affaire Gonzalo Ramos 2022-UNAT-1256, paragraphe 68) que le harc¨¨lement sexuel ? peut englober de nombreux types de comportement, certains de nature ouvertement sexuelle et d'autres plus subtils ?, et qu'il ? existe un large ¨¦ventail de comportements qui peuvent ¨ºtre d¨¦finis comme du harc¨¨lement sexuel et dont la d¨¦termination est enti¨¨rement li¨¦e au contexte ?. La question de savoir si ? un type particulier de comportement constitue un harc¨¨lement sexuel d¨¦pend d'un certain nombre de facteurs et des circonstances de chaque cas ?. ? cet ¨¦gard, le Tribunal d'appel a soulign¨¦ que ? la d¨¦termination du caract¨¨re sexuel d'un type particulier de comportement ne d¨¦pend pas des intentions de l'auteur, mais des circonstances entourant le comportement, du type de comportement faisant l'objet de la plainte, de la dynamique relationnelle entre le plaignant et l'auteur, de l'environnement institutionnel ou du lieu de travail ou de la culture g¨¦n¨¦ralement accept¨¦e dans les circonstances, et de la perception du comportement par le plaignant ?. Dans l'affaire AAT, le Tribunal d'appel a ¨¦galement estim¨¦ que, selon les circonstances, l'envoi de textes et de photos inappropri¨¦s via WhatsApp pouvait ¨ºtre assimil¨¦ ¨¤ du harc¨¨lement sexuel (voir les paragraphes 92 et 93). Dans l'affaire AAT, le Tribunal d'appel a estim¨¦ qu'il incombait ¨¤ l'auteur pr¨¦sum¨¦ de s'assurer que les avances sexuelles ¨¦taient ? bien accueillies avant d'adopter un tel comportement ? (voir paragraphe 10). Le Tribunal d'appel a en outre pr¨¦cis¨¦ qu'? une relation ¨¦troite et amicale entre coll¨¨gues n'excuse pas des avances sexuelles non d¨¦sir¨¦es et inappropri¨¦es [et] le Tribunal a constat¨¦ ¨¤ juste titre que la plaignante a rejet¨¦ les avances et invitations sexuelles de l'AAT ¨¤ plusieurs reprises ? (voir paragraphe 81).

Le Bureau de l'Administration de la Justice (BAJ) a pr¨¦par¨¦ ce r¨¦sum¨¦ de la jurisprudence a titre informatif seulement. Il ne s'agit pas d'un document officiel et il ne faut pas s'y fier comme une interpr¨¦tation faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions des Tribunaux. Pour les textes faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions, veuillez-vous r¨¦f¨¦rer au jugement ou ¨¤ l'ordonnance rendue par le Tribunal respectif. Les Tribunaux sont les seuls organes comp¨¦tents pour interpr¨¦ter leurs jugements respectifs, conform¨¦ment ¨¤ l'article 12(3) du Statut du Tribunal du Contentieux Administratif des Nations Unies (TCANU) et ¨¤ l'article 11(3) du Statut du Tribunal d'Appel des Nations Unies (TANU). Toute inexactitude dans cette publication rel¨¨ve seulement la responsabilit¨¦ du BAJ, qui doit ¨ºtre contact¨¦ directement pour toute demande de correction. Pour faire part de vos commentaires, n¡¯h¨¦sitez pas ¨¤ communiquer avec BAJ ¨¤ oaj@un.org

Les r¨¦sum¨¦s des jugements ¨¦taient g¨¦n¨¦ralement pr¨¦par¨¦s en anglais. Ils ont ¨¦t¨¦ traduits en Fran?ais et sont en cours d'examen pour en v¨¦rifier l'exactitude.

Applicants/Appellants
Applicant
·¡²Ô³Ù¾±³Ù¨¦
Num¨¦ros d'Affaires
Tribunal
Lieu du Greffe
Date of Judgement
Duty Judge
Language of Judgment
Type de D¨¦cision
°ä²¹³Ù¨¦²µ´Ç°ù¾±±ð²õ/³§´Ç³Ü²õ-³¦²¹³Ù¨¦²µ´Ç°ù¾±±ð²õ